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Lorsque l’on réclamait la réouverture des salles de spectacle pendant la pandémie, l’utilisation de l’expression « culture non essentielle » nous semblait inscrite exclusivement dans cette période révolue.
Aujourd’hui, quand on observe à tous les niveaux les coupes budgétaires que l’on connaît, l’impact qu’elles ont sur les collectivités territoriales, les établissements scolaires et les structures d’accueil du spectacle vivant, on tremble.
On tremble en voyant comment, sous couvert de responsabilité, certains utilisent la culture à leurs propres fins, parfois pour un pouvoir minuscule mais bien réel.
Nous tremblons en constatant que ce bien commun devient parfois l’apanage d’une seule caste.
Non pas pour nous, compagnie de théâtre implantée en milieu rural, mais pour la culture en général.
Car l’une des grandes craintes de tout artiste engagé, c’est l’homogénéisation de la création : celle qui étouffe l’audace au profit de la rentabilité, en oubliant ce que la culture porte de social, d’économique et de profondément démocratique.
Nous avons choisi un jour de porter sur nos épaules une vision du monde, de pointer du doigt certaines dérives contemporaines, d’offrir catharsis et débat. Notre ambition reste intacte : confronter le public à ce que devient l’humanité, éclairer en mots ses travers et ses beautés. Là réside le social, là réside la démocratie, véritables remparts au bruit des bottes.
Peut-être pouvons-nous dire que nous avons encore, en Nouvelle-Aquitaine comme dans les Landes, la chance d’avoir des partenaires conscients de l’aspect « essentiel » de cette culture, mais il faut sans cesse se rappeler que sans elle, sans implication sur les territoires, sans conscience collective, sans débat, sans résistance, nous perdrons, en plus du libre arbitre, une part de notre démocratie.
Quant aux perspectives ?
Ne jamais rien lâcher sur nos engagements : travailler sur le territoire, y associer nos partenaires, en trouver d’autres, rallier, former, créer, maintenir l’appétence culturelle et le goût de la curiosité ; rendre la culture légitime, durable et l’inscrire dans un projet commun, démocratique.
Ce n'est peut-être qu’une utopie rêvée, mais nous sommes, artistes, les rêveurs d’un monde dans lequel on nous a fait croire exister, celui qui porte fièrement ces trois mots que sont : liberté, égalité, fraternité.
C’est joli, liberté, égalité, fraternité ?! Non ?
En 2026, on pense qu’il est utile d’y rêver encore (ça, c’est pour nous) et plus que jamais d’en maintenir la réalité (ça, c’est aussi pour vous).
En attendant :
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